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Rupture conventionnelle : l'avenant du 25 février 2026 réduit la durée d'indemnisation chômage
Jusqu'à présent, signer une rupture conventionnelle ou être licencié ouvrait exactement les mêmes droits à l'assurance chômage. Cette équivalence prend fin. L'avenant n° 3 du 25 février 2026 au protocole d'accord du 10 novembre 2023 relatif à l'assurance chômage, transposé par la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, crée une durée d'indemnisation spécifique, plus courte, pour les salariés ayant quitté leur poste par rupture conventionnelle individuelle.
Cette réforme entre en vigueur le 1er septembre 2026. Voici, point par point, ce qui change concrètement pour les salariés, les cadres et les seniors.
Ce que change l'avenant du 25 février 2026 pour vos droits au chômage
Le 25 février 2026, à l'issue de cinq séances de négociation ouvertes par la lettre de cadrage du ministre du Travail du 29 novembre 2025, les partenaires sociaux ont conclu un avenant n° 3 au protocole d'accord du 10 novembre 2023 sur l'assurance chômage. Cet avenant a été signé, côté syndical, par la CFDT, la CFTC et FO, et, côté patronal, par le MEDEF, la CPME et l'U2P.
Son objectif affiché : distinguer le chômage subi (licenciement, fin de CDD) du départ négocié que constitue la rupture conventionnelle, et réaliser des économies pour le régime d'assurance chômage. La lettre de cadrage gouvernementale fixait un objectif d'au moins 400 millions d'euros d'économies par an.
Sur le plan juridique, la loi du 11 juin 2026 modifie l'article L. 5422-2 du Code du travail afin d'autoriser, pour la première fois, une modulation de la durée d'indemnisation selon le mode de rupture du contrat. Le Conseil d'État, dans son avis du 19 mars 2026, a validé cette différenciation, estimant que les salariés ayant consenti librement à une rupture conventionnelle se trouvent dans une situation objectivement différente de celle des autres demandeurs d'emploi.
Nouvelles durées d'indemnisation après une rupture conventionnelle
La mesure centrale de l'avenant est la réduction de la durée maximale de versement de l'allocation (ARE) après une rupture conventionnelle individuelle. Le tableau ci-dessous compare la situation avant et après la réforme, en métropole.
| Situation du demandeur d'emploi | Avant la réforme | À compter du 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois |
| 55 à 56 ans | 22,5 mois | 20,5 mois (prolongation possible) |
| 57 ans et plus | 27 mois | 20,5 mois (prolongation possible) |
Pour les salariés de 55 ans et plus, la durée de 20,5 mois n'est pas figée : une prolongation peut être demandée au-delà de cette limite, sous réserve d'un examen de la situation et des démarches de recherche d'emploi mené par France Travail au cours du 12e mois d'indemnisation.
Une règle d'ajustement est par ailleurs prévue : les partenaires sociaux pourront rouvrir des négociations sur ces durées si le taux de chômage atteint ou dépasse 9 %, ou s'il augmente d'au moins 0,8 point sur un semestre.
Outre-mer (hors Mayotte) : des durées spécifiques s'appliquent, il convient de se reporter aux informations de France Travail pour la situation ultramarine.
Réduction de la durée d'indemnisation ARE : qui est concerné par la réforme ?
La réforme ne vise pas tous les modes de rupture du contrat de travail. Sont concernés :
- les salariés en CDI ayant conclu une rupture conventionnelle individuelle (RCI), au sens des articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail ;
- indifféremment les salariés, cadres et cadres dirigeants, dès lors que la rupture résulte de ce dispositif ;
- les demandeurs d'emploi dont les droits naissent à compter de l'entrée en vigueur de la réforme.
À l'inverse, ne sont pas concernés par cette réduction de durée :
- les salariés licenciés (licenciement économique ou personnel), dont la durée d'indemnisation reste celle du droit commun ;
- les fins de CDD et de missions d'intérim ;
- la rupture conventionnelle collective, qui relève d'un régime distinct ;
- les démissions légitimes reconnues par France Travail.
Ce qui ne change pas : conditions d'ouverture et montant de l'ARE
Il est essentiel de bien cerner les limites de la réforme. L'avenant ne touche ni l'ouverture des droits, ni le montant de l'allocation. Concrètement :
- la durée d'affiliation requise pour ouvrir des droits reste inchangée ;
- les conditions d'éligibilité à l'ARE après une rupture conventionnelle ne sont pas modifiées ;
- le montant journalier de l'allocation n'est pas réduit par ce texte ;
- seule la durée maximale de versement est raccourcie.
Autrement dit, un salarié continuera de toucher le même montant d'allocation, mais pendant une période plus courte s'il n'a pas retrouvé d'emploi entre-temps.
Les contreparties : l'accompagnement renforcé par France Travail
En contrepartie de la réduction des durées, l'avenant institue un accompagnement personnalisé et intensif destiné à favoriser un retour rapide à l'emploi. Ses principales caractéristiques :
- un suivi renforcé dès le premier rendez-vous consacré au contrat d'engagement, selon un cahier des charges spécifique validé par le conseil d'administration de France Travail ;
- un examen de situation formalisé au cours du 12e mois d'indemnisation, destiné à vérifier la réalité des démarches accomplies (échanges avec le conseiller, immersions, formations, etc.) ;
- pour les seniors, la possibilité d'obtenir une prolongation des droits à l'issue de cet examen.
Quand la réforme entre-t-elle en vigueur ?
Le calendrier est désormais fixé :
- 25 février 2026 : conclusion de l'avenant n° 3 par les partenaires sociaux ;
- 2 juin 2026 : adoption définitive par le Parlement du projet de loi de transposition ;
- 11 juin 2026 : promulgation de la loi n° 2026-470 ;
- 1er septembre 2026 : entrée en vigueur des nouvelles durées d'indemnisation.
Attention : au moment de la publication de la loi, certains textes d'application restaient attendus. Les modalités exactes d'application (notamment selon la date de fin de contrat ou la date d'ouverture des droits) doivent donc être confirmées par ces textes réglementaires.
Quelles conséquences avant de signer sa rupture conventionnelle?
Pour un salarié qui envisage une rupture conventionnelle, en particulier en seconde partie de carrière, l'arbitrage évolue. Quelques réflexes utiles :
- Anticiper la durée réelle de couverture : 15 mois au lieu de 18 mois représentent un trimestre d'indemnisation en moins pour les moins de 55 ans.
- Négocier l'indemnité de rupture en tenant compte de cette durée réduite, afin de sécuriser la transition professionnelle.
- Vérifier sa date de fin de contrat au regard du 1er septembre 2026 et des textes d'application.
Selon les enjeux, il est possible de faire examiner sa situation par un avocat en droit du travail.
Foire aux questions (FAQ)
La rupture conventionnelle ouvre-t-elle toujours droit au chômage en 2026 ?
Oui. La rupture conventionnelle individuelle continue d'ouvrir droit à l'ARE. L'avenant du 25 février 2026 ne supprime pas ce droit : il réduit uniquement la durée maximale d'indemnisation à compter du 1er septembre 2026.
Quelle est la nouvelle durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle ?
À compter du 1er septembre 2026, la durée maximale est de 15 mois pour les moins de 55 ans (contre 18 mois) et de 20,5 mois pour les 55 ans et plus (contre 22,5 mois pour les 55-56 ans et 27 mois pour les 57 ans et plus), en métropole.
Les conditions pour toucher le chômage changent-elles ?
Non. Les conditions d'ouverture des droits, notamment la durée d'affiliation, ne sont pas modifiées. Seule la durée maximale de versement est réduite, et le montant journalier de l'ARE n'est pas affecté.
La réforme s'applique-t-elle aux ruptures conventionnelles signées avant le 1er septembre 2026 ?
Les nouvelles durées s'appliquent à compter du 1er septembre 2026. Les modalités précises d'entrée en vigueur dépendent de textes d'application encore attendus. Mieux vaut vérifier sa situation auprès de France Travail ou d'un avocat avant de signer.
Les salariés de 55 ans et plus sont-ils concernés ?
Oui. La durée maximale est fixée à 20,5 mois en métropole, avec une prolongation possible au-delà, sous réserve d'un examen de la situation par France Travail au 12e mois d'indemnisation.
La rupture conventionnelle collective est-elle visée par la réforme ?
Non. Seule la rupture conventionnelle individuelle (articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail) est concernée. La rupture conventionnelle collective relève d'un régime distinct.
