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Redressement judiciaire : peut-on continuer à signer des contrats ?

Le redressement judiciaire est procédure collective qui bouleverse profondément le fonctionnement d'une entreprise. L'une des questions les plus fréquemment posées par les dirigeants concerne leur capacité à signer de nouveaux contrats ou à honorer ceux déjà en cours. La réponse est nuancée et dépend d'un ensemble de règles issues du droit des entreprises en difficulté, codifiées aux articles L.620-1 et suivants du Code de commerce.


Cet article vous guide pas à pas pour comprendre ce qui est autorisé, ce qui est interdit, et les précautions à prendre pour sécuriser vos engagements contractuels durant cette période délicate.



1. Comprendre le cadre du redressement judiciaire

Le redressement judiciaire est ouvert à toute entreprise en cessation des paiements dont le redressement est jugé possible. Il se déroule en plusieurs temps, dont la première phase est la période d'observation.


Durant cette période, l'entreprise ne disparaît pas : elle continue son activité, mais sous une surveillance judiciaire renforcée. C'est précisément durant cette phase que se pose avec acuité la question de la capacité contractuelle du dirigeant.


Les acteurs clés de la procédure

  • Le débiteur (le dirigeant) : il conserve en principe la gestion courante de l'entreprise, mais son pouvoir est limité.
  • L'administrateur judiciaire : désigné par le tribunal, il surveille, assiste ou représente le débiteur selon les pouvoirs qui lui sont confiés.
  • Le mandataire judiciaire : il représente les créanciers et veille à la sauvegarde de leurs intérêts.
  • Le juge-commissaire : il autorise certains actes importants et veille au bon déroulement de la procédure.


2. Le principe : la poursuite de l'activité et des contrats en cours

L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ne met pas automatiquement fin aux contrats en cours. C'est là un principe fondamental du droit des procédures collectives.


2.1 La continuation des contrats en cours

Selon l'article L.622-13 du Code de commerce , applicable au redressement judiciaire, les contrats en cours au jour du jugement d'ouverture se poursuivent de plein droit. Toute clause contractuelle prévoyant la résiliation automatique du contrat en cas d'ouverture d'une procédure collective est réputée non écrite.


Concrètement, cela signifie que :

  • Un bail commercial continue de produire ses effets.
  • Un contrat de fourniture reste actif.
  • Un contrat de travail n'est pas rompu du seul fait du redressement.
  • Un contrat de prestation de services se poursuit normalement.

2.2 Le choix de l'administrateur sur les contrats en cours

L'administrateur judiciaire dispose d'un droit d'option fondamental : il peut décider de continuer ou de résilier tout contrat en cours. Ce choix stratégique vise à ne conserver que les contrats utiles à la poursuite de l'activité et à la mise en œuvre du plan de redressement.


Le cocontractant peut toutefois mettre l'administrateur en demeure de se prononcer dans un délai raisonnable. En l'absence de réponse, le contrat est résilié de plein droit.



3. La signature de nouveaux contrats : quelles règles s'appliquent ?

C'est souvent sur ce point que les dirigeants ont le plus besoin d'être guidés. La capacité à signer de nouveaux contrats dépend directement des pouvoirs attribués à l'administrateur judiciaire par le tribunal.


3.1 Les trois modes d'intervention de l'administrateur

Le tribunal peut attribuer à l'administrateur judiciaire l'une des trois missions suivantes, qui conditionnent les pouvoirs du dirigeant :


Mission de l'administrateur Pouvoirs du dirigeant Risque en cas de violation
Surveillance Le dirigeant gère seul, mais sous contrôle de l'administrateur Inopposabilité de l'acte à la procédure
Assistance Le dirigeant doit agir conjointement avec l'administrateur pour tout acte important Nullité de l'acte passé seul
Représentation L'administrateur se substitue entièrement au dirigeant Acte nul si signé par le dirigeant seul

Il est donc impératif de consulter l'ordonnance du tribunal dès l'ouverture de la procédure pour connaître précisément l'étendue de vos pouvoirs.


3.2 Les actes de gestion courante : une liberté encadrée

En dehors des actes dépassant la gestion courante, le dirigeant conserve, en règle générale, une certaine liberté pour :

  • Passer des commandes auprès de fournisseurs habituels dans le cadre normal de l'exploitation.
  • Conclure des contrats de faible montant relevant de l'activité ordinaire.
  • Signer des devis ou bons de commande entrant dans le cycle courant de production ou de commercialisation.
  • Renouveler des abonnements ou licences logicielles nécessaires à l'activité.

3.3 Les actes soumis à autorisation

Certains contrats ou actes sont soumis à autorisation préalable du juge-commissaire ou de l'administrateur. Il s'agit notamment :

  • Des cessions d'actifs (matériel, fonds de commerce, brevets…).
  • Des emprunts et octrois de garanties (hypothèques, nantissements, cautions).
  • Des transactions et compromis mettant fin à des litiges.
  • Des contrats de crédit-bail ou location longue durée engageant l'entreprise sur plusieurs exercices.
  • Des marchés publics ou contrats cadres importants susceptibles de modifier significativement la structure financière.


4. Le sort des paiements liés aux nouveaux contrats

La conclusion d'un nouveau contrat après le jugement d'ouverture emporte une conséquence importante sur le plan du paiement : les créances nées régulièrement après le jugement d'ouverture bénéficient d'un privilège de procédure.


Concrètement, si l'entreprise en redressement signe un contrat de prestation après l'ouverture de la procédure, le prestataire qui accomplit sa mission sera payé à l'échéance convenue et en priorité sur les créanciers antérieurs. Ce privilège dit "créances postérieures méritantes" est un puissant incitateur pour les tiers à continuer de contracter avec une entreprise en redressement judiciaire.



5. Les précautions à prendre avant de signer un contrat

Que vous soyez le dirigeant de l'entreprise en redressement ou le cocontractant envisageant de traiter avec elle, plusieurs précautions s'imposent.


Pour le dirigeant

  • Vérifier l'ordonnance du tribunal fixant les pouvoirs de l'administrateur avant tout acte significatif.
  • Obtenir l'accord écrit de l'administrateur pour tout contrat dépassant la gestion courante.
  • Documenter chaque décision pour démontrer la bonne foi et la cohérence avec l'objectif de redressement.
  • Éviter tout acte susceptible d'augmenter le passif sans contrepartie réelle pour l'entreprise.
  • Consulter votre avocat avant de signer tout engagement atypique ou d'une valeur significative.

Pour le cocontractant

  • Vérifier l'existence de la procédure en consultant le registre du commerce ou le BODACC.
  • S'assurer que le signataire est habilité (dirigeant seul, dirigeant + administrateur, ou administrateur seul).
  • Exiger une confirmation écrite de l'administrateur si la valeur du contrat est significative.
  • Sécuriser le paiement : les créances nées après jugement d'ouverture sont prioritaires, mais une vigilance reste de mise.


6. Les risques en cas de non-respect des règles

Le non-respect des règles encadrant la signature de contrats durant un redressement judiciaire expose à des sanctions sévères.


  • Nullité de l'acte : le contrat signé sans l'accord requis de l'administrateur peut être annulé, privant les parties de tout bénéfice.
  • Inopposabilité à la procédure : même si l'acte est valide entre les parties, il ne sera pas reconnu dans le cadre du redressement.
  • Responsabilité personnelle du dirigeant : en cas de faute de gestion aggravant le passif, le dirigeant peut être condamné à combler l'insuffisance d'actif.
  • Conversion en liquidation judiciaire : dans les cas les plus graves, le tribunal peut prononcer la liquidation si le redressement s'avère impossible.


Conclusion

Oui, il est possible de signer des contrats en redressement judiciaire, mais cette liberté est encadrée par des règles strictes dont la méconnaissance peut être lourde de conséquences. La continuité des contrats en cours est protégée par la loi, tandis que la conclusion de nouveaux engagements doit respecter les pouvoirs confiés à l'administrateur judiciaire par le tribunal.


L'accompagnement d'un avocat spécialisé en droit des affaires à Rouen est fortement recommandé. Le cabinet Badina Letoue est en mesure de vous accompgner.

redressement judiciaire contrat

N'attendez pas qu'un problème survienne pour consulter : une approche préventive du droit des affaires est toujours plus efficace et économique qu'une gestion de crise.

FAQ - Questions fréquentes sur les contrats en redressement judiciaire


Le redressement judiciaire met-il fin automatiquement à mes contrats en cours ?

Non. L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire n'entraîne pas la résiliation automatique des contrats en cours. Toute clause prévoyant cette résiliation de plein droit est réputée non écrite. C'est l'administrateur judiciaire qui décide, dans l'intérêt de la procédure, de continuer ou non chaque contrat.


Puis-je signer un nouveau contrat commercial sans en informer l'administrateur judiciaire ?

Cela dépend des pouvoirs accordés à l'administrateur. En mission de surveillance, vous conservez une certaine liberté pour les actes courants. En mission d'assistance ou de représentation, vous devez obligatoirement associer l'administrateur à tout acte significatif. Dans le doute, consultez toujours votre avocat ou l'administrateur désigné.


Un fournisseur peut-il refuser de contracter avec moi du seul fait du redressement judiciaire ?

Légalement, aucun texte n'oblige un cocontractant à contracter avec une entreprise en redressement. Cependant, sachez que les créances nées après l'ouverture de la procédure sont payées en priorité par rapport aux dettes antérieures. Ce mécanisme constitue une garantie de paiement forte pour les nouveaux partenaires commerciaux.


Mon bail commercial peut-il être résilié par mon bailleur pendant le redressement judiciaire ?

Non, pas de manière unilatérale. Le bailleur ne peut pas résilier le bail au seul motif de l'ouverture de la procédure. La résiliation ne peut intervenir que si l'administrateur décide de ne pas continuer le contrat, ou en cas de manquements postérieurs à l'ouverture (loyers postérieurs impayés, notamment).


Que se passe-t-il si je signe un contrat sans l'accord de l'administrateur alors qu'il était requis ?

L'acte peut être frappé de nullité ou d'inopposabilité à la procédure. Cela signifie concrètement que votre cocontractant pourrait ne pas être payé via la procédure, et que votre responsabilité personnelle en tant que dirigeant pourrait être engagée. Cette situation est à éviter absolument.


Est-il possible de renégocier les termes d'un contrat en cours pendant la période d'observation ?

Oui, mais toute modification substantielle d'un contrat en cours doit être envisagée avec précaution. Une renégociation significative peut être considérée comme la conclusion d'un nouveau contrat et nécessiter l'accord de l'administrateur judiciaire. Il est vivement conseillé de matérialiser tout accord par écrit et d'en informer l'administrateur.


Combien de temps dure la période d'observation pendant laquelle ces règles s'appliquent ?

La période d'observation est en principe fixée à 6 mois, renouvelable une fois, portant la durée maximale à 12 mois. À titre exceptionnel, une prolongation supplémentaire peut être accordée par le tribunal à la demande du ministère public, pour une durée totale maximale de 18 mois.


Faut-il informer mes clients de l'ouverture du redressement judiciaire ?

La loi n'impose pas d'obligation générale d'information de vos clients. Toutefois, la procédure étant publiée au BODACC (Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales), elle est accessible à tout tiers. Dans une optique de transparence et de maintien de la relation commerciale, une communication proactive et maîtrisée peut s'avérer bénéfique, notamment pour les contrats stratégiques.