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Les mesures conservatoires en cas de contentieux commercial

Table des matières


Définition et enjeux des mesures conservatoires

Dans le contexte du contentieux commercial, les mesures conservatoires constituent un outil juridique essentiel permettant de préserver les droits d'un créancier face au risque d'insolvabilité ou de dissipation des biens de son débiteur. Ces mesures, régies par les articles L511 et suivants du Code de procédure civile , visent à sauvegarder l'efficacité d'une décision de justice future en empêchant que l'exécution forcée ne devienne impossible ou illusoire.


L'importance de ces mesures dans les litiges commerciaux ne peut être sous-estimée. Dans un environnement économique où les entreprises peuvent rapidement modifier leur situation patrimoniale, les mesures conservatoires offrent une protection aux créanciers. Elles permettent d'éviter que le débiteur ne dilapide ses biens pendant la durée de la procédure judiciaire, garantissant ainsi l'effectivité du recouvrement.

Si toutefois vous recherchez un un exemple de contrat commercial vous trouverez en suivant ce lien les clauses essentielles à connaître.


Les conditions d'obtention

L'obtention de mesures conservatoires est soumise à des conditions strictes établies par la jurisprudence et codifiées dans le Code de procédure civile. Le demandeur doit satisfaire à deux conditions cumulatives fondamentales.


Premièrement, il convient de justifier d'une créance paraissant fondée en son principe. Cette condition, dite du "fumus boni juris", exige que le créancier établisse l'existence apparente de sa créance sans pour autant devoir en rapporter la preuve définitive. Il suffit que les éléments présentés rendent vraisemblable l'existence de la créance.


Deuxièmement, le créancier doit démontrer l'existence de circonstances susceptibles d'en menacer le recouvrement. Cette condition, appelée "periculum in mora", vise à établir l'urgence de la situation. Les circonstances peuvent être diverses :

  • Risques patrimoniaux : dissipation de biens, cessions suspectes, transferts d'actifs à l'étranger
  • Difficultés financières : cessation de paiements imminente, dégradation de la situation économique
  • Comportements frauduleux : organisation d'insolvabilité, création de sociétés écrans
  • Disparition du débiteur : domiciliation fictive, absence de réponse aux mises en demeure

Les différents types de mesures conservatoires

Le droit français prévoit plusieurs catégories de mesures conservatoires, chacune adaptée à des situations spécifiques et à la nature des biens à protéger.


Type de mesure Objet Durée Procédure
Saisie conservatoire Biens mobiliers corporels et incorporels 3 ans renouvelables Autorisation du juge ou titre exécutoire
Sûreté judiciaire Biens immobiliers 3 ans renouvelables Inscription au service de publicité foncière
Séquestre judiciaire Biens meubles ou immeubles litigieux Jusqu'au jugement définitif Ordonnance du juge des référés
Référé-provision Obtention d'une provision sur créance Immédiate Procédure d'urgence

La saisie conservatoire constitue la mesure la plus fréquemment utilisée dans le contentieux commercial. Elle permet d'appréhender tous les biens mobiliers du débiteur, qu'ils soient corporels (marchandises, véhicules, équipements) ou incorporels (créances, comptes bancaires, droits sociaux).


La sûreté judiciaire s'applique spécifiquement aux biens immobiliers et crée une garantie réelle au profit du créancier. Son inscription au fichier immobilier rend la mesure opposable aux tiers et empêche toute aliénation du bien sans désintéressement préalable du créancier.


Procédures de mise en œuvre

La mise en œuvre des mesures conservatoires suit une procédure rigoureusement encadrée qui varie selon la nature de la mesure sollicitée et l'urgence de la situation.


En principe, l'autorisation préalable du juge de l'exécution est requise. Cette autorisation est délivrée sur requête unilatérale, permettant ainsi de préserver l'effet de surprise indispensable à l'efficacité de la mesure. Le créancier doit présenter une requête motivée accompagnée des pièces justificatives établissant les conditions légales.


Toutefois, certaines situations d'urgence exceptionnelle permettent au créancier d'agir sans autorisation préalable, à condition de saisir le juge dans un délai de huit jours suivant la mesure. Cette procédure d'urgence est strictement encadrée et ne s'applique qu'en cas de risque imminent de dissipation des biens.


Une fois l'autorisation obtenue, la mesure est exécutée par un huissier de justice qui procède à l'inventaire et au blocage des biens concernés. L'huissier dresse un procès-verbal détaillé qui fait foi de l'état et de la valeur des biens saisis.


Effets et conséquences juridiques

Les mesures conservatoires produisent des effets juridiques importants tant pour le créancier que pour le débiteur, créant un nouvel équilibre dans leurs relations contractuelles et patrimoniales.


Pour le créancier bénéficiaire, ces mesures confèrent plusieurs avantages substantiels. Elles créent un droit de préférence sur les biens appréhendés, garantissant un rang privilégié lors du recouvrement. En outre, elles figent la situation patrimoniale du débiteur, empêchant toute modification préjudiciable au recouvrement de la créance.


Le débiteur conserve la propriété de ses biens mais perd la libre disposition de ceux-ci. Il ne peut plus procéder à leur vente, leur donation ou leur mise en garantie sans l'accord du créancier ou une mainlevée judiciaire. Cette restriction peut avoir des conséquences importantes sur l'activité commerciale du débiteur.


Les mesures conservatoires génèrent également des obligations particulières :

  • Obligation d'information : le débiteur doit déclarer l'existence de la mesure lors de toute transaction
  • Obligation de conservation : les biens doivent être préservés en l'état
  • Obligation comptable : tenue d'un registre spécifique pour les biens sous mesure conservatoire
  • Obligation de transparence : déclaration dans les comptes annuels de l'entreprise

L'efficacité des mesures conservatoires

L'efficacité des mesures conservatoires dépend largement de la stratégie adoptée et de la qualité de leur mise en œuvre.


La constitution du dossier : il convient de rassembler l'ensemble des pièces justificatives démontrant l'existence de la créance et les risques pesant sur son recouvrement. Une enquête patrimoniale préalable permet d'identifier les biens saisissables et d'optimiser l'efficacité de la mesure.


Le choix du moment pour solliciter la mesure conservatoire constitue un élément déterminant. Il faut agir suffisamment tôt pour devancer les manœuvres du débiteur, mais disposer d'éléments probants suffisants pour convaincre le juge. L'analyse des cycles d'activité du débiteur peut révéler des moments opportuns où ses disponibilités sont maximales.


La coordination avec la procédure au fond ne doit pas être négligée. Les mesures conservatoires ne constituent qu'une étape dans la stratégie globale de recouvrement. Il convient de les articuler avec l'action en justice principal et d'anticiper les éventuelles contestations du débiteur.


Face aux contestations, il est essentiel de préparer une défense juridique solide. Le débiteur dispose de plusieurs voies de recours : demande de mainlevée, cantonnement de la mesure, ou contestation de son bien-fondé. Anticiper ces stratégies défensives permet de maintenir l'efficacité de la protection accordée.

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Questions fréquentes



Quelle est la durée de validité d'une mesure conservatoire ?

Les mesures conservatoires sont valables trois ans à compter de leur mise en œuvre. Cette durée peut être renouvelée sur demande motivée. En cas d'obtention d'un titre exécutoire, la mesure se transforme automatiquement en saisie-exécution.



Le débiteur peut-il contester une mesure conservatoire ?

Oui, le débiteur dispose de plusieurs recours : demande de mainlevée si les conditions ne sont plus réunies, cantonnement si la mesure est disproportionnée, ou contestation au fond de l'existence de la créance. Ces contestations sont portées devant le juge de l'exécution.



Que se passe-t-il si je perds le procès principal ?

Si le créancier perd définitivement le procès principal, il doit lever immédiatement les mesures conservatoires. Il peut être condamné à indemniser le débiteur pour le préjudice subi. D'où l'importance d'évaluer sérieusement les chances de succès avant d'engager de telles mesures.



Les mesures conservatoires sont-elles possibles contre une entreprise en redressement judiciaire ?

Non, l'ouverture d'une procédure collective interdit en principe les mesures conservatoires nouvelles. Seules les mesures antérieures à l'ouverture peuvent être maintenues, mais leur conversion en saisie-exécution est généralement impossible. Il convient alors de déclarer sa créance au passif de la procédure.



Puis-je saisir les biens d'un tiers ?

Les mesures conservatoires ne peuvent porter que sur les biens appartenant au débiteur. Toutefois, une saisie conservatoire peut être pratiquée entre les mains d'un tiers détenteur de biens ou débiteur du débiteur principal (saisie conservatoire de créances, comptes bancaires).