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Fin de la période d'essai : comment la rompre légalement ?

La période d'essai est une phase incontournable de la relation de travail. Elle permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié dans son poste, et au salarié de vérifier que le poste lui convient. Mais cette période est encadrée par des règles précises du Code du travail, et toute erreur peut avoir des conséquences juridiques importantes pour l'employeur comme pour le salarié.


Cet article vous guide pas à pas pour comprendre comment fixer légalement une période d'essai, la renouveler et, le cas échéant, la rompre dans le respect de vos droits.



1. Qu'est-ce que la période d'essai ?

La période d'essai est définie aux articles L.1221-20 et suivants du Code du travail. Il s'agit d'une période initiale du contrat de travail durant laquelle les deux parties peuvent librement rompre la relation professionnelle, sans avoir à respecter les procédures contraignantes du licenciement ou de la démission.


Elle poursuit un double objectif :

  • Pour l'employeur : évaluer les aptitudes professionnelles du salarié dans le poste occupé.
  • Pour le salarié : s'assurer que les fonctions et les conditions de travail correspondent à ses attentes.

Attention : la période d'essai ne se présume pas. Pour qu'elle soit valable, elle doit impérativement être expressément stipulée dans le contrat de travail ou la lettre d'engagement. À défaut, elle ne peut pas être opposée au salarié.


2. Quelle est la durée légale de la période d'essai ?

La durée maximale de la période d'essai varie selon la catégorie professionnelle du salarié. Le Code du travail fixe des durées initiales maximales, auxquelles s'ajoutent les dispositions des conventions collectives applicables, qui peuvent prévoir des durées plus courtes.


Durées maximales de la période d'essai selon la catégorie professionnelle
Catégorie professionnelle Durée initiale maximale Durée maximale avec renouvellement
Ouvriers et employés 2 mois 4 mois
Agents de maîtrise et techniciens 3 mois 6 mois
Cadres 4 mois 8 mois

Ces durées s'entendent en temps calendaire. Tout arrêt de travail (maladie, accident, congé) suspend le cours de la période d'essai, qui reprend à la date de retour du salarié.


À noter pour les CDD : la période d'essai est calculée différemment. Elle est d'un jour par semaine de contrat, dans la limite de :

  • 2 semaines pour les contrats d'une durée inférieure ou égale à 6 mois ;
  • 1 mois pour les contrats supérieurs à 6 mois.

3. Le renouvellement de la période d'essai

Le renouvellement de la période d'essai est possible, mais il est strictement encadré par la loi. Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

  • La convention collective applicable doit expressément autoriser le renouvellement ;
  • Le contrat de travail doit mentionner expressément la possibilité de renouvellement ;
  • Le salarié doit avoir donné son accord exprès au renouvellement, de préférence par écrit, avant l'expiration de la période initiale.

Important : un renouvellement qui dépasse les durées maximales légales (voir tableau ci-dessus) est nul et de nul effet. Le salarié serait alors considéré comme définitivement embauché, et toute rupture devrait suivre la procédure du licenciement.


4. La rupture de la période d'essai par l'employeur

L'employeur peut rompre la période d'essai librement, sans avoir à motiver sa décision et sans suivre la procédure de licenciement. Il n'est pas tenu de convoquer le salarié à un entretien préalable, ni de rédiger une lettre motivée.


Toutefois, il doit respecter un délai de prévenance, c'est-à-dire un préavis minimal avant la prise d'effet de la rupture. Ce délai varie selon la durée de présence du salarié dans l'entreprise :

  • Présence inférieure à 8 jours : 24 heures de préavis ;
  • Présence entre 8 jours et 1 mois : 48 heures de préavis ;
  • Présence entre 1 mois et 3 mois : 2 semaines de préavis ;
  • Présence supérieure à 3 mois : 1 mois de préavis.

Attention : la rupture doit intervenir pendant la période d'essai. Si le délai de prévenance court au-delà de la fin de la période d'essai, la rupture reste valable, mais l'employeur devra verser une indemnité compensatrice correspondant aux jours de préavis non effectués au-delà de la période d'essai.


La notification de la rupture doit en général être effectuée par écrit (lettre remise en main propre contre décharge ou lettre recommandée avec accusé de réception), même si la loi n'impose pas de forme particulière. Cette précaution est fortement conseillée pour des raisons probatoires.


5. La rupture de la période d'essai par le salarié

De son côté, le salarié peut également rompre la période d'essai librement, sans motif et sans que cela soit assimilé à une démission. Il bénéficie également d'un délai de prévenance :

  • Présence inférieure à 8 jours : 24 heures de préavis ;
  • Présence égale ou supérieure à 8 jours : 48 heures de préavis.

Le salarié n'est pas tenu de motiver sa décision. Il est simplement conseillé de la notifier par écrit, afin d'éviter tout litige sur la date de prise d'effet de la rupture.


Conséquences : la rupture à l'initiative du salarié ne lui ouvre pas droit aux allocations chômage, sauf si elle est considérée comme une démission légitime au sens de la réglementation de France Travail (ex-Pôle Emploi). En revanche, si c'est l'employeur qui rompt la période d'essai, le salarié peut prétendre aux allocations chômage sous réserve de remplir les autres conditions d'éligibilité.


6. Quelles indemnités en cas de rupture ?

La rupture de la période d'essai n'ouvre pas droit, en principe, aux indemnités de rupture classiques (indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de préavis de licenciement). Néanmoins, plusieurs sommes restent dues au salarié :

  • Salaire correspondant aux jours travaillés ;
  • Indemnité compensatrice de congés payés pour les congés acquis et non pris ;
  • Indemnité compensatrice de préavis si l'employeur dispense le salarié d'effectuer le délai de prévenance ;
  • Toute prime ou avantage prévu contractuellement et acquis à la date de rupture.

En cas de CDD, si la rupture est à l'initiative de l'employeur, le salarié a également droit à l'indemnité de fin de contrat (10 % de la rémunération brute totale), sauf exceptions prévues par la loi.


7. La rupture abusive de la période d'essai

Si la période d'essai offre une grande liberté de rupture, elle ne peut pas être utilisée de manière abusive ou discriminatoire. Les juges du fond peuvent requalifier une rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse lorsque celle-ci :

  • Est motivée par un motif discriminatoire (grossesse, état de santé, origine, sexe, âge, activité syndicale…) ;
  • Est décidée de mauvaise foi ou avec une légèreté blâmable ;
  • Constitue en réalité un détournement de la période d'essai (par exemple, recrutement successif de salariés en période d'essai pour le même poste sans intention d'embauche définitive) ;
  • Est fondée sur des éléments étrangers aux aptitudes professionnelles du salarié.

Dans ces hypothèses, l'employeur peut être condamné à verser des dommages et intérêts au salarié. Il est donc fortement conseillé de consulter un avocat en droit du travail avant de rompre une période d'essai, afin d'éviter toute contestation ultérieure devant le Conseil de prud'hommes.

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Le cabinet Badina Letoue est en mesure de vous accompagner concernant vos problématiques en droit du travail

8. FAQ – Vos questions fréquentes sur la période d'essai


La période d'essai est-elle obligatoire ?

Non. La période d'essai n'est pas automatique. Elle doit être expressément prévue dans le contrat de travail ou la lettre d'engagement. Si elle n'y figure pas, le salarié est considéré comme embauché définitivement dès le premier jour de travail.


Un employeur peut-il rompre la période d'essai sans aucun motif ?

En théorie, oui : l'employeur n'est pas tenu de motiver la rupture d'une période d'essai. En pratique, la rupture ne doit pas être fondée sur un motif discriminatoire ou abusif, sous peine de condamnation par le Conseil de prud'hommes.


La maladie suspend-elle la période d'essai ?

Oui. Tout arrêt de travail (maladie, accident du travail, etc.) suspend le cours de la période d'essai, qui reprend intégralement à la date de retour du salarié. La durée totale de la période d'essai est donc prolongée d'autant.


Le salarié a-t-il droit aux allocations chômage après rupture de sa période d'essai ?

Si c'est l'employeur qui rompt la période d'essai, le salarié peut prétendre aux allocations chômage (ARE) auprès de France Travail, sous réserve de remplir les conditions d'éligibilité (notamment la durée d'affiliation). Si c'est le salarié qui prend l'initiative de la rupture, il n'y a pas droit en règle générale.


La convention collective peut-elle modifier les règles sur la période d'essai ?

Oui, et c'est fréquent. La convention collective applicable peut prévoir des durées plus courtes, des conditions de renouvellement différentes, ou des délais de prévenance plus importants. Il est donc indispensable de consulter la convention collective de votre branche professionnelle en complément du Code du travail.